Il y a deux mois le chat est mort. L’un de nos chats pour être plus précise. Ce chat c’était Bamboo, 17 ans, petite boule de poil noire avec des beaux yeux verts et une voix insupportable.

Je dis chat pour le commun des mortel, pour la bienséance et pour ne pas choquer le plus grand nombre, mais si je dois être honnête, c’est ma fille qui est morte ce jour là (bien que fille ne soit pas un bon terme non plus, mais il n’en existe pas d’autres).

Alors non, elle n’est ni sorti de mon ventre ni de mon vagin. Elle est juste arrivée en train, dans une autre vie, avec mon ex-mari. Je n’ai pas vraiment sauté de joie, parce qu’à l’époque, les chat et moi ce n’était pas trop ça.



Les début ont été compliqués. Moi l’indépendante et elle la dépendante.

Le chat, le premier bébé

Elle essayait de prendre ses marques et moi de garder les miennes. Et plus elle prenait ses habitudes plus les miennes disparaissaient. Je n’avais plus que moi à penser et elle savait me le rappeler.

On s’est battu pour l’accès à la chambre, pour la sieste sur le canapé, pour l’emplacement de la litière, pour la bouffe à lui donner. J’étais pleine de principes, elle les a tous écrasés ET – spoiler- c’est elle qui a tout gagné.



Il faut dire qu’elle m’a eu à l’usure avec sa jolie bouille, ses ronronnements et ses câlins. On a appris à se connaitre, puis plus tard à communiquer et puis rapidement à s’aimer.

Qui peut résister à autant d’amour ? Qui peut résister à ces regards qui valent milles mots ? Personne, croyez-moi.

J’ai appris à m’occuper d’un autre être vivant, à lâcher prise, à aimer sans conditions. J’ai appris à recevoir, de l’amour et beaucoup de vomit … Oui quand même, il faut le dire. J’ai accepté la responsabilité d’une autre vie, pour toujours. Et j’ai réalisé que peut-être je serais capable d’être une mère.

La vie s’en va

Quand je suis rentrée à la maison ce soir là, j’ai su en arrivant devant la porte. Certes elle était vieille et fatiguée, mais les trois jours précédents LE jour, elle avait retrouvé la forme et était de nouveau celle qu’elle avait toujours était.

Bref, j’ai tourné la clé dans la porte et je suis entrée … et cette impression de vide, celle qu’on ressent devant un corps mort; cette impression de vide emplissait l’appartement.

Elle était allongée sous l’étendoir à linge, froide et à moitié raide. Elle était partie et je n’avais pas été là.

Bizarrement je n’ai pas pleuré, pas tout de suite du moins. J’ai été chercher une boite et je l’y ai mise, dans une couverture, avec son doudou. Quelques heure après, avec mon chéri, on la rendait à la nature.

Le deuil, comme pour un être humain

La culpabilité, la colère, le déni. Comme pour les autres deuils que j’ai eu à vivre, je suis passée par ces étapes.

J’ai été en colère bien avant, parce que je savais qu’elle allait partir et que je n’arrivais pas à l’admettre. Je m’étais toujours demandé comment je ferais sans elle. Et maintenant elle n’est plus là et je ne sais toujours pas.

J’ai l’impression de vivre avec un petit bout en moins. C’est difficile à expliquer, surtout à ceux qui ne veulent pas comprendre.

Imaginez un bout d’amour, un bout d’amour tout simple qui serait là tout le temps quand vous en avez besoin. Il est là quand vous n’êtes plus là pour vous, quand les autres sont occupés, il est là sans jamais juger et sans jamais rien demander en retour. C’est aussi un petit bout de chaleur, de lumière et de bonheur.

Ce n’est pas viscéral comme avec un enfant, ce n’est pas passionnel et amoureux comme avec son compagnon, c’est différent et complémentaire. C’est quelque chose que je vous souhaite de connaitre un jour en plus du reste.

Pour le moment, je préfère être dans le déni que d’affronter ce bout de vide. Je vais le laisser comme ça, jusqu’à ce que je me sente de le remplir de nouveau. Et puis je ne suis pas la seule malheureuse ….

La mort du chat et l’enfant

Ce qui est difficile dans un décès, en plus de le vivre, c’est de l’annoncer aux autres sachant que tu vas être le déclencheur de leur douleur. Je ne l’ai pas annoncé à mon fils, il était avec son père à ce moment là et c’est lui qui s’en ai chargé.

Quand il est revenu, on à fait une petite cérémonie avec une bougie et une photo pour lui dire au revoir. Je lui a expliqué qu’elle n’avait pas souffert et qu’elle avait eu une belle vie suivie d’une belle mort.

C’est compliqué quand même. Il en parle souvent et la pleure encore beaucoup. J’ai beaucoup parlé avec lui de ce que je ressentais aussi, sans trop en faire, qu’il ne prenne pas ma douleur pour lui.



C’est la première fois qu’il est vraiment confronté à la mort d’un être cher et proche de lui. Après tout, il l’a connait depuis toujours. Comme l’autre chat …

La mort du chat et l’autre chat

Ybane, gros patapouf arrivé chaton dans notre maison. Il n’a pas compris ce qui c’était passé quand elle est morte, il ne réalise que maintenant. Il n’avait jamais été seul et voilà qu’en plus d’un chat mort, je me retrouve avec un chat déprimé.

On ne pouvait pas dire que c’était l’amour fou entre eux, puisqu’il passait son temps à l’emmerder et que c’était moi qui faisais office de chat super dominant – chat dont-il fallait se partager et obtenir l’affection à coup de feintes en tout genre.

Mais il devait l’aimer sa vieille radasse, dans son genre, et puis il faut dire que ça faisait une présence.

Alors il gère le truc à sa façon, en miaulant, tout le temps, à n’importe qu’elle heure du jour et de la nuit. Difficile pour lui et difficile pour moi.

Alors si vous avez des trucs pour la déprime du chat, je prends !?

Le chat n’est plus là et alors, on fait quoi ?

Vous vous demandez comment faire le deuil de votre animal ? Vous ne pourrez pas.

Tout comme un deuil classique, c’est le temps qui fera son effet, qui comblera les vides, estompera les douleurs. Rentrer chez sois sera moins angoissant, les photos ne seront plus cause de souffrance, vous arrêterez de l’appeler machinalement et de le voir partout.

Et si vous me dite que le remplacer vous a aidé, alors passez votre chemin, on ne parle pas de la même chose.

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