Mon accouchement était prévu pour le 17 août 2010………

  • 30 juillet 2010

J’avais passé une assez bonne nuit comparée aux nuits précedentes (douleurs dans les côtes, chaleur, moustiques). Mon mari, Patrick, était parti au travail à 5h15. Il travaillait dans les vignes, et commençait tôt pour éviter les grosses chaleurs de l’été.Dès son départ, je me suis réveillée et ai commencé à ressentir des douleurs dans le bas ventre. Je me suis forcée à rester au lit jusqu’à 7h. C’est là que je me suis rendue compte que je perdais un peu de sang. Pas beaucoup, mais juste assez pour m’inquiéter un peu.


Je téléphone à Patrick pour lui annoncer que je crois que c’est pour bientôt. Vu qu’il travaille loin de chez nous ce jour là, j’appelle le SAMU. Ma valise de maternité était déjà dans le coffre de notre voiture, ne me restait plus qu’à prendre ma trousse de toilette. Au bout de 30 minutes, m’inquiétant de ne voir personne arriver, je sors de la maison et attend sur le trottoir. Je vois enfin arriver la camionnette des pompiers et je les accueille, souriante, en faisant du stop. Ça les fait beaucoup rire, moi, un peu moins, sachant que nous vivons à 2 minutes à pieds de la caserne des pompiers, mais ces messieurs ne trouvaient pas l’adresse.

A l’arrivée à la maternité, Patrick était déjà là.

Une sage-femme me prend en charge. Elle m’installe dans une salle à 8h30 et m’osculte.
Verdict : ma poche des eaux s’est fissurée et mon col est à 1. Elle me place sous monitoring (mon 1er depuis le début de la grossesse… je n’ai pas eu une grossesse ultra-médicalisée) pendant près de 2h30. Dieu que c’est long… Trop long ! Elle constate que les contractions sont bien régulières à 5 minutes. Je ne les sens pas toutes, peut-être 1 sur 4.

Je suis ensuite installée dans une chambre double avec une petite jeune fille (oh, la vieille de 27 ans qui parle !), enceinte de 6 mois, qui a plus de contractions que moi, mais qui ne s’en inquiète pas, et ne pense qu’à une chose… aller fumer sa clope. Enfin bref ! Mon homme rentre prendre une douche à la maison, et me laisse face à mon plateau repas (purée-saumon plein d’arêtes = pratique entre 2 contractions). Les contractions ne me font pas vraiment mal encore, donc j’arrive à faire une sieste jusqu’à 14h30.

Patrick revient et je suis installée dans une chambre individuelle. On m’ausculte vers 17h30 : la poisse, le col na pas bougé depuis le matin. En fait, les contractions n’ont aucun effet sur mon col. Nouveau monito pendant 1h, sans mon homme.

Vers 21h, les contractions sont de plus en plus douloureuses, mais je gère avec les exercices de respiration appris pendant la préparation à l’accouchement. La sage-femme est d’ailleurs étonnée de ma résistance à la douleur. Mais c’est vite dit, parce qu’alors que je suis en train de « faire le clown » sur mon swiss ball, j’ai ressenti un petit « crac », et là… la flaque sur mon ballon. La poche des eaux s’est ENFIN rompue complètement.

A partir de là, les contractions font bien mal.

A 23h, col ouvert à 2 doigts. Déjà 15h de présence à l’hôpital… pour ça ! J’ai vraiment les boules !
Je demande à la sage-femme de nuit s’il n’y a pas moyen de calmer la douleur, parce qu’avec une ouverture col aussi lente, je ne suis pas sortie de l’auberge. Elle me propose un bain dans une eau à 38°, et me demande d’y rester au moins 1h si je veux que la chaleur agisse sur mon col. J’accepte mais n’arrive pas a y rester plus 1h05, car el plus de la chaleur du bain, et bien, il fait 29° dehors, et la fenêtre de la salle de bain de peut presque pas s’ouvrir. Je commençais à avoir du mal à retenir mes larmes.

  •  31 juillet 2010

Minuit et demie : nouvel examen… Col ouvert à 3 et demi !

Alléluia !!!!! Maintenant la sage femme peut appeler l’anesthésiste pour la pose de la péridurale.
Il arrivera 1h après (pas pressé le mec). La pose de la péri n’est pas un moment un confortable. Mais il est très court (2 minutes), et l’auxiliaire de puériculture qui assistait la sage femme m’a bien aidée à garder une position facilitant la pose, et à bien respirer pour calmer les contractions qui s’invitaient « de temps en temps ». Un court moment désagréable pour BEAUCOUP de soulagement par la suite. 10 minutes après, mes jambes se sont engourdis et ne sentais plus les contractions.

A partir de là, les choses sont allées très vite, par rapport à la veille.
2h du matin : col à 6
3h30 : col à 7

On téléphone à Patrick (parti passer la nuit à la maison) pour qu’il vienne à la maternité. La SF me fait faire des exercices de pousse pour voir si je saurai pousser efficacement le moment venu.
Je l’ai prévenu que j’avais envie de faire pipi.

– « Mais non madame, ce n’est qu’une impression »
– « si si, j’ai vraiment envie »
– « allez, poussez madame »
– « OK »

Et là, c’est le drame, me voilà en train de faire pipi sur la sage femme. Bon en même temps, ce n’est pas comme si je ne l’avais pas prévenue, hein ?

A 4h, col à 8. La SF vérifie que bébé s’engage bien dans le bassin : il est parfaitement bien placé.
Je commence à m’inquiéter car de nouveau je ressens une douleur dans le bas ventre à gauche, comme un point de côté, et j’ai fini ma dose de péridurale. La SF me dit que ça va être l’heure. Je lui
demande donc si je peux avoir de nouveau une dose (non, non, je ne suis pas une droguée de péri) car je ne me sens pas capable de pousser avec cette douleur. Elle m’injecte un autre produit sédatif (dont je ne me souviens plus le nom) qui agit rapidement.

A 5h : ça y est, c’est le moment de mettre en pratique la pousse. La SF et l’auxiliaire de puériculture m’encouragent bien. Je fais de longues poussées. Elles rigolent de voir que je suis fortiche en apnée. Patrick me soutient la nuque pendant les poussées. Je n’ai pas chaud, et donc pas besoin de brumisateur. Pas de cris non plus (dans l’après-midi, j’avais entendu une femme hurler en accouchant, ça m’avait fait froid dans le dos… « maman, j’ai peur, je ne veux pas accoucher »… ouais bah t’as pas le choix).

Et voilà !!!! à 5h24, petit Quentin arrive sans encombre. C’est un beau bébé de 3kg715. On ne s’attendait pas à un tel poids. Si j’étais arrivée au bout de ma grossesse, il aurait surement fait 4kg.

Après l’avoir débarbouillé un peu, la SF me le pose sur moi pour un peau à peau de 2h. Quentin en profitera pour commencer à téter. Il a bien compris le principe apparemment. Nous sommes vraiment comblés et émus. Mais je n’arrive pas à pleurer… sûrement à cause de la fatigue après ces 22h de travail. Pourtant je réalise bien que c’est un merveilleux moment. Patrick, lui, vers quelques larmes, et met ça sur le dos des produits chimiques utilisés dans les vignes. Mais bien sûr mon amour

Voilà le récit de ses 2 jours qui m’ont semblé une éternité.

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