J’y allais souvent.

La semaine en sortant du boulot, le week-end avec ma mère ou avec des copines ; quand ça allait, quand ça n’allait pas, quand j’avais besoin de me remonter le moral, quand j’avais besoin de changement, de me sentir bien, de me sentir belle: j’allais faire du shopping.

C’était un vrai plaisir ! J’aimais prendre soin de moi, dénicher de nouvelles fringues, de nouvelles boutiques, de nouvelles tendances. 

J’avais un style bien à moi; pas forcément “à la mode”, mais un style qui me plaisait et qui changeait souvent selon mes humeurs.

C’était facile, tout (ou presque) m’allait … que cela soit en taille unique ou en 34/36.

Et puis j’ai pris du poids.

J’ai du apprendre à apprivoiser ce nouveau corps, à trouver des tailles un petit peu plus grandes, un nouveau style de vêtements, plus pour “femmes”. Je suis devenue un petit peu plus classique, mais ce n’était pas dérangeant; j’étais toujours dans la norme.

 

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Et puis j’ai encore pris du poids.

La grossesse, le diabète, la thyroïde, la dépression ; ça ne pardonne pas. Me voilà obèse.

Je me dégoute, mais malgré tout, je n’ai pas perdu mon goût pour les boutiques et les fringues sympas.

Il faut juste que j’apprenne à mettre en valeur, ou du moins à habiller correctement ce corps que je ne reconnais plus et qui ne me semble même pas être à moi. “Ça va le faire” pensais-je encore naïvement à l’époque.

Après tout, les “rondes” sont à la mode … 

Alors, bien que j’ai envie de rester terrée à la casa, je prends sur moi et accompagne ma mère et ma soeur dans les boutiques; ces boutiques dans lesquelles j’allais souvent, AVANT.

Et je m’y sens mal, pas à ma place.

Les vêtements sont trop petits, trop étroits , je n’y rentre ni ma poitrine, ni mon ventre … et encore moins mes fesses.Je n’ose pas sortir des cabines d’essayage, rien ne me va.

Le regard, le ton condescendant et navré des vendeuses quand elles me demandent “si ça a été”, ou quand elle me répondent que “non, vous savez on a que du 42 en grande taille” me glace.

J’ai envie de pleurer, de devenir invisible.

J’y vais toujours, en figurante, en accompagnatrice. Moi, je vais m’habiller dans les boutiques plus grandes, plus anonymes, celles où on ne vient pas vous demander si vous avez besoin d’aide.

Mais ce que je préfère, c’est acheter sur le net. 

Parce qu’il est plus facile d’y trouver des fringues normales en grandes tailles; et pas seulement des vêtements pour femmes “rondes”, aux coupes difformes ou mémère et aux motifs improbables.

Parce que semblant de rien, j’ai envie de m’habiller comme “tout le monde” et pas forcément avec des cols ronds/carrés, des slims ou des jeans avec des élastiques comme ceux de mon gnomes. J’ai envie de vêtements et de marques tendances.

Alors même si je vais sur les sites qui proposent des grandes tailles , je trouve aussi/encore mon bonheur (pour certains hauts/vestes/cardigan/gilets/pull/top) sur des sites comme Brandalley  sur lequel j’achète depuis trèèès longtemps et qui ont plein de marques sympas (et toutes les tailles).

J’y ai l’avantage des boutiques, avec de meilleurs prix et surtout sans les vendeuses :$

J’ai bien évidement conscience qu’une grande partie du problème vient de moi, de mes complexes, et que toutes les vendeuses ne me regardent pas comme une bête curieuse (chez Kookai c’est des amours – coucou) … Que j’ai un travail à faire sur moi etc etc etc.

Mais il y a encore du boulot, pour que les rondes, les grosses, les obèses ne soient plus considérées comme un phénomène de mode ou une cible marketing; mais comme des femmes à part entière.

Et j’espère qu’un jour, je pourrais retourner dans ces boutiques dans lesquelles (pour le moment) je ne vais plus.

 

 

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