Un mois est passé, et pourtant quand j’y pense j’ai toujours une boule au ventre et une furieuse envie de meurtre. Je crois qu’on a vraiment la poisse avec les docteurs ! Je me passerais bien de les fréquenter, mais quand tu as un gnome c’est comme si tu voulais arrêter de te nourrir, c’est pas possible.

Les urgences pédiatriques c’est presque le passage obligé du jeune parent, tu y mettras au moins les pieds une fois dans ta vie. Déjà parce que ton gosse il a le chic pour tomber malade le week-end; ensuite parce que dès fois tu n’as pas envie de rester dans le doute, donc quand ton pédiatre n’est pas disponible; tu fonces.


Il y a donc un mois, un samedi dans la nuit, je récupère mon BN tremblant et tout raide dans son lit. Ça fait quatre jours qu’il vient de se faire opérer, et malgré les traitements qu’on lui donne déjà, il a 38.5 de fièvre ; on pense qu’il a peut-être mal: le codenfant (que l’ont nous avait prescrit) devrait agir pour les deux.

Quelques heures plus tard il est bouillant, verdict : 40.6°c ! C’est énorme, mais il nous a déjà fait des grosses fièvres, donc on ne panique pas outre mesure. On le découvre, doliprane et on surveille.

C’est son comportement durant la journée qui va m’inquiéter. Tout d’abord il ne veut pas se décoller de moi, il passera la journée couché sur mon ventre. Il ne “parle” pas, ne joue pas, il à le regard dans le vide et peu d’appétit. Il à une respiration saccadée et gémit en dormant … et surtout sa température ne baisse pas; pire, elle monte jusqu’à 41°c (chose que je pensais impossible).

Nous sommes dimanche et il est 21heures, on se décide à aller aux urgences pédiatriques. Les urgences t’hésites toujours un peu à y aller … déjà parce qu’ils ne veulent pas être dérangé si la fièvre n’a pas débuté depuis plus de 48heures; ensuite parce que t’as toujours un peu peur de t’être affolé pour rien, et de passer pour “un jeune parent complètement affolé au moindre bobo“.

Sauf que la, la question ne se pose pas: il est mal, on sens qu’il souffre et même s’il n’y a pas de symptômes apparents on sais que quelque chose ne va pas !

 Nous nous pointons donc là bas un peu avant 22heures, nous inscrivons le petit et nous patientons dans la salle d’attente. Nous sommes d’abord reçu par les infirmières pour un premier “bilan”, puis après un retour par la case départ, on nous appelle pour nous diriger vers un chirurgien de garde.


On lui explique les symptômes, on lui dit qu’on ne pense pas que cela vienne de son opération puisqu’on voit bien que cela cicatrice bien; ce qu’elle nous confirme. Ils lui posent une poche pour faire un prélèvement d’urine, puis elle nous appelle un médecin.

Celui-ci va rester en tout  2 minutes montre en main. 

On va lui re expliquer rapidement ce qui nous amène; il va regarder ses oreilles, lui palper l’abdomen : “Non il n’a pas d’otite, et puis il est pas amorphe ce petit ! ” et il se barre. Ben oui connard, mon fils il hurle parce qu’il n’est pas bien; dans un environnement qu’il ne connait pas et il a toujours eu horreur des auscultations.

J’avoue que j’en suis restée sur le cul !

Le seul avantage de son passage, c’est que le BN, sous le coup de l’énervement, il à fait pipi (on se voyait déjà attendre toute la nuit, le BN étant un chameau).

Les résultats de l’analyse d’urine arrivent : il a des protéines mais rien de grave, rentrez chez vous et s’il a encore de la fièvre dans 24heures, consultez votre pédiatre.

Bon là tu fais quoi ?

Tu te roules par terre en demandant qu’ils fassent des analyses plus poussées ? Tu lui demande le matériel pour pouvoir analyser toi même le pipi divin de ton enfant ? Tu menaces de t’immoler par le feu pour qu’ils lui fassent une prise de sang ? Tu les prends en otage en les tenant en respect avec le stylo bic qui trainait à côté de ta main ?

Bah non, tu fermes ta gueule, tu fais confiance, et tu rentres chez toi.

J’avoue que dans la voiture on était perdu. On a même tourné pendant un moment, ne sachant pas quoi faire : rentrer à la maison ? Aller dans un autre hôpital ?

Nous voilà comme deux grands couillons, à 2heures du matin, avec notre bébé qui dort dans son siège auto, complètement impuissants, totalement incompris. Nous avons l’impression que personne ne nous a écouté, que l’on nous a pris pour des imbéciles, pour des parents qui ne connaissent pas leur enfant.

Nous sommes finalement rentré, épuisés, avec un bébé affamé. Nous lui donnons un biberon, qu’il va laisser presque en entier; le reste il me le vomira dessus une demi heure plus tard.

Monsieur B. est complètement affolé et il veut retourner aux urgences. Mais il faut être réaliste, ça ne servira à rien; ils nous reverront chez nous comme ils l’ont fait quelques heures avant ! Je lui demande donc de les appeler. Il tombera sur quelqu’un qu’il faisait visiblement chier et qui lui répondra “Il a durement mangé trop vite ! “.

Une nuit horrible …

Je suis restée assise toute la nuit, Milàn couché à plat ventre sur moi. Je n’ai pas fermé l’œil, guettant le moindre changement dans sa respiration, changeant les compresses imbibées d’eau tiède, écoutant ses gémissements. Il était tellement bouillant, malgré les médicaments, que j’avais peur qu’un de ses organes lâche; j’ai eu toute la nuit pour m’imaginer le pire !

Le matin, à la première heure, j’ai appelé notre pédiatre. La secrétaire ne voulant pas nous donner un rendez-vous avant 18heures, nous sommes retournés aux urgences. Et cette fois nous avons été écoutés et entendu. Nous avons été pris en charge comme il faut !

Il lui ont fait une prise de sang qui a confirmé qu’il y avait une infection. Seulement voilà, ne sachant pas ce qu’il avait, et le temps qu’il veuille bien faire pipi pour de nouvelles analyses, il a eu droit à des examens complémentaires:

– Consultation ORL
– Echographie rénale et abdominale
– Radio des poumons
– Prise de sang
– Ponction lombaire …

Un vrai traumatisme pour lui et un déchirement pour moi. Puis les résultats des analyses d’urines sont tombés : Pyélonéphrites.

Et là j’ai des envies de meurtre !

J’ai des envies de meurtres parce que cela signifie que si la veille ils avaient fait leur job, au lieu de nous prendre pour des cons, mon fils n’aurait pas eu à subir tous ces examens. Il aurait été traité plus rapidement, il n’aurait pas été traumatisé par son séjour à l’hôpital.

Et puis la pyélonéphrite, je sais pas si tu connais, mais moi oui. J’en ai fait une il y a quelques années et j’ai souffert le martyr ! Que mon fils ai pu ressentir ça, ça me fout la gerbe.

Et puis j’étais dans le couloir quand l’infirmière en chef s’est fait engueuler par le labo parce que les urines ne leurs ont pas été envoyé la veille (elle n’était pas de garde, elle, la pauvre). Une autre infirmière m’a demandé pourquoi nous étions rentrés chez nous ; et on m’a bien confirmé que  41 de fièvre c’est un motif de consultation … Bref, y a bien eu un problème.

Alors, OUI, on ne peu pas traiter toutes les fièvres; OUI, dès fois on se présente aux urgences pour rien; mais ils me semble qu’ils doivent faire leur boulot à fond pour chaque cas qui se présente.


Ah oui, et pourquoi la ponction lombaire ? Parce qu’une petite fille est morte quelques jours plus tôt, dans ce même hôpital, d’une méningite foudroyante.

Et si ça avait été ça ? je n’ose même pas l’imaginer.

Bref, la prochaine fois (si prochaine fois il y a ) je fait un sitting si je n’ai pas l’impression qu’ils font ce qu’il faut.

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