C’est un petit coin de Piémont où mon grand-père à vu le jour. C’est là, dans ces montagnes, qu’il allait garder les vaches quand il était enfant.

Il y vivait avec ses parents, dans une modeste maison avant que la guerre n’éclate et que les soldats n’envahissent le village. C’est pour sauver leur vie, qu’ils ont quitté ce petit coin de Piémont, en rejoignant la France par les montagnes.

Bien des années plus tard, avec sa femme et ses filles il allait y passer les vacances d’été. Et c’est encore un peu plus tard, que bébé, je découvrais ce village que j’allais tant aimer.

Dans ce petit coin du Piémont, en remontant d’Orméa et en passant par Ponte di Nava nous rejoignions notre petite maison aux murs épais où nous avons passé de si beaux étés. Et malgré le confort – plus que – rudimentaire, il faisait bon s’y retrouver.

Imaginez, aménagé dans une ancienne étable, une pièce unique, en bas, qui servait de cuisine, de salle à manger et de salon. La porte d’à côté, c’était celle des toilettes et du point d’eau ; on y accédait donc par l’extérieur … je vous laisse imaginer les fous rire et les moments de solitude que cela à pu nous faire vivre.

Et enfin,pour accéder à la grande chambre commune, il fallait emprunter les escaliers qui courraient sur le côté de la maison.

Cela parait certainement horrible pour certains d’entre vous, et pourtant j’échangerais encore maintenant, pour quelques mois, tout le confort du monde pour me retrouver là bas.

L’odeur particulière de la maison; ses vieux meubles, les vieux jouets et les vieux magasines que nous retrouvions d’une année sur l’autre.

Cette ambiance apaisante.

Pas de télévision, pas de téléphone … juste les jeux de cartes, le soir, autour de la table, les feuilles griffonnées  par nos réponses pour le “baccalauréat” ; les cahiers de vacances aussi.

Des moments réellement passés ensemble.

Le silence de la montagne rompu de temps en temps par le clocher qui sonne les heures (et les demi heures) ou par de vives conversations … dès 6 heures du matin.

Pour des petites citadines comme nous, nous retrouver là bas c’était le paradis : pouvoir sortir librement (ou presque), explorer, crapahuter.

Que de souvenirs !

Le bal du village, un vrai évènement !  l’accordéon, la danse des canards et la lambada. La copa del nonno ma glace préférée ; les bons petits pains et les produits frais; les framboises et les fraises des bois cueillies directement sur la plante.

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Les randonnées jusqu’à Pian Rosso, les pique nique, les glissades sur l’herbe, les copines d’un été … Descendre à la rivière et se baigner dans l’eau glacée.

Les promenades dans le village, les petites vieilles assises sur leur banc en face de la Chapelle qui s’arrêtent de parler pour nous regarder passer … et qui repartent de plus belle dès que nous avions le dos tourné.

S’abreuver à la fontaine, tremper ses mains dans le lavoir, jouer avec les araignées et faire attention aux vipères. Monter au parco giochi et jouer sur le vieux tourniquet, jusqu’à s’en donner mal au coeur.

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Participer à la procession, poser des bougies devant la maison …

Etre subjuguée par les violents orages d’été, regarder la pluie tomber et les éclairs zébrer le ciel. Ecouter le tonnerre rouler et raisonner sur les montagnes.

Se réchauffer près du poêle à bois les soirs où il fait un peu frais.

Et tellement plus encore …

Tout ce que mon fils ne connaitra pas, car malheureusement, mon grand-père à du vendre la maison. Ca m’a brisé le coeur de perdre mon petit havre de paix.

J’y suis retournée quand j’étais enceinte du Mini BN, et j’y retournerai surement avec lui, quand j’en aurais la possibilité ; à l’Hôtel malheureusement.

Je rêve d’un jour où je pourrais racheter notre maison … avant d’être trop vieille, ça serait bien.

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